Saint Émilion se re-visite totalement et se lance dans le Franc de Pied
Le Château l’Évêché, St Emilion Grand Cru
Le cuvée Sanctum
Jean Sébastien Cepdevielle
Les plantations « franc de pied »
Les premiers commentaires
Silence, ça pousse !
Je suis enchanté d’accueillir dans la cave de Cep les vins de mon ami jean Sébastien Capdevielle.
Tout d’abord parce que c’est un mec comme je les aime. Investi, passionné, innovateur, qui peut passer deux heures à vous parler de ses dernières plantations Franc de Pied en dégustant avec vous un sympathique rognon ou ris de veau. Oui, nous aimons tous deux échanger sur les sujets qui nous passionnent devant une belle assiette et un verre rutilant d’un jus lumineux.
Je le connais depuis cinq ans maintenant, et j’essaie à chaque fois que je descends sur Bordeaux de le croiser au Château ou à Libourne. Sa passion du Franc de pied m’a interpelé. En deux mots, les vignes « franches de pied » sont des ceps « originaux », qui n’ont pas été greffés sur des « porte-greffes » américains, moins sensible au phylloxera, et donc plus proches du goût « original » du vin. Seul bémol, il faut planter ces Francs de Pied dans des terroirs qui ne favorise pas la prolifération de ce puceron. Des terroirs très sablonneux dans lesquels les galeries creusées pour les larves s’effondrent aussitôt.
Il a d’abord commencé à sélectionner les bois des plus vieux pieds de vignes existants dans la région,âgés au minimum de 75 ans pour bénéficier de toute la diversité génétique existant avant l’apparition des sélections clonales dans les années 1960 / 70.
Ensuite, comme une partie de son terroir le permettait, Jean-Sébastien Capdevielle a commencé à bouturer manuellement 3 400 plants de Cabernet Franc et de Sauvignon pour les premiers essais, suivis en décembre 2020 du Carmenère et du Petit Verdot pour arriver à près de 16 000 plants de vignes plantés sur 1,80 hectares.
Belle aventure non ? Il faut être un peu fou.
J’adore les fous…
La cuvée SANCTUM est ainsi née. J’ai goûté à tous les millésimes en élevage, et je peux vous dire que les premières gorgées étaient émouvantes. Un touché de bouche très aérien, des parfums jamais rencontrés sur ces cépages, un équilibre parfait. Sur les deux millésimes de départ on parle de moins de 200 bouteilles, aussi chaque flacon a un coût.
N’oubliez pas que vous plongez le nez dans l’histoire du vin, que vous faites un voyage de plus de 150 ans dans le passé. À l’époque du fameux classement de 1855. Fermez les yeux, les frissons ne sont pas loin.
Bien entendu, j’ai aussi dégusté les vins dits classiques de ses deux châteaux, l’Evêché et la Chapelle Lescours.
Ils sont remarquables car le Saint Emilion Grand Cru des deux propriétés est issu d’un assemblage des 6 cépages autorisés dans l’appellation : le Merlot (majoritaire), les deux Cabernets (Franc et Sauvigon), le Malbec, le Petit Verdot et pour finir le Carménère.
Autre élément fascinant, Jean-Sébastien attend la parfaite maturité des vins avant de les vendre. Pour un prix dérisoire.
Pour moins de 30€ vous avez un succulent St Emilion GC de plus de 10 ans. Cela laisse imaginer de belles tables à venir, vous ne trouvez pas ?